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RÊVER DE RÉPARER L’HISTOIRE… entre psychanalyse, cinéma et politique

janvier 19, 2016 @ 21:00 - 23:00

RÊVER DE RÉPARER L’HISTOIRE… entre psychanalyse, cinéma et politique

de Jean-Jacques Moscovitz  - Editions Èrès – Collection Le Regard Qui Bat – Janvier 2015

Présentation par l’auteur

« Comment être témoin de ce qui se passe sous nos yeux, dans nos têtes, comment l’inscrire pour s’en défaire, se défaire du traumatisme des violences du monde. Début janvier 2015 à Paris, à Vincennes a eu lieu une attaque du genre humain. Le genre humain se définit d’être doué de la parole, de pouvoir être artiste, ou simplement citoyen, juif, policier, journaliste. L’ouvrage ne parle pas de cet attentat, car sorti à la mi-janvier, Rêver de réparer l’histoire était sous presse. Mais tout le trajet de ce livre est un acte testimonial, un vécu ressenti de par l’exercice de psychanalyste et la position de spectateur de films, de films du grand cinéma : Shoah, Le Dernier des Injustes, tous deux de Lanzmann, the Memory of justice de Marcel Ophuls, et beaucoup d’autres. Tous ne sont pas des œuvres centrées sur la Shoah, ou de ce qu’il appelle, du mot de Walter Benjamin, Rupture de l’Histoire. Des films y sont en bonne place comme Gloria de Cassavetes, Zelig de Woody Allen, A Dangerous Method de David Cronenberg, La Grammaire Intérieure de Nils Bergmann, etc. L’analyse filmique s’allie aux apports majeurs de la psychanalyse comme Malaise dans la civilisation de Freud, où dans ce texte de 1929, le fondateur de la psychanalyse aborde l’opposition entre les pulsions d’Éros et les pulsions de Thanatos. Et loin de faire de ces deux sortes de pulsions, des équivalents du Bien et du Mail, l’auteur les situe comme formant le psychisme de tout un chacun, face au politique , au collectif.

Voilà le difficile à montrer. Le crime dont il s’agit est l’acte commis par les totalitarismes, que ce soit la meurtre des juifs dans la Shoah, le génocide des Tutsis, l’islamo-nazisme d’aujourd’hui. C’est de l’ordre du collectif, qui a une prise inouïe jusqu’alors sur notre subjectivité, sur notre nature d’être des parlants. Comment le contemporain agit sur notre intime de sujet, voilà la question qui parcoure Réver de Réparer l’histoire . C’est l’effraction de la grande Histoire qui envahit l’intime. Face à quoi il faut faire en sorte que le sujet reprenne une place qui soit la sienne. En découle l’insistance persistante que Lacan et les psychanalystes mettent dans ce terme de sujet. Le cinéma nous indique ce malaise, le malaise du rapport entre sujet et collectif. Ainsi dans ce parcours  surgit un interview de Francoise Dolto sur le film Shoah, où notre si inventive psychanalyste avec les enfants lance : « La psychanalyse nous enseigne qu’il n’y a ni bien ni mal pour l’inconscient ». D’où le questionnement de Lacan sur le « drame du nazisme », face à quoi Lacan avance « sous quel voile reste encore caché ce mystère, que pour quiconque est capable, vers ce phénomène, de diriger un courageux regard…. ». Et là de citer Lanzmann : « Diriger sur l’horreur un regard frontal exige qu’on renonce aux distractions et échappatoires, d’abord à la première d’entre elles, la plus faussement centrale, la question du pourquoi [le meurtre des juifs] avec la suite indéfinie des académiques frivolités ou des canailleries qu’elle ne cesse d’induire ».

 

Au Procès de Nuremberg est filmée Marie-Claude Vaillant-Couturier et Ophuls nous donne cette image d’archive où, après avoir témoigné, elle toise un par un les grands criminels nazis d’un regard qui est bien plus que tout jugement qui pourtant pointe l’index sur cette jouissance des meurtres commis. Ce regard de MC Vaillant-Couturier est magnifique, il va au delà de la vérité instaurée par le Droit, il nous humanise chacun, il est frontal et courageux à la fois, il crée des mots à venir pour dire la violence nue. Cette « violence nue », ce mot est de Lanzmann. Dans Shoah il filme la Maquette d’Auschwitz, comme dans un ultime mouvement de montrer l’horreur. Qui reste ô combien irreprésentable. Aucun atermoiement malgré des tentatives désespérées et dérisoires de certains affirmant que des photos des chambres à gaz en action existeraient quelque part…

Aujourd’hui, le mot d’André Malraux est à citer à propos de janvier 2015 qui fait écho à la fameuse « prophétie » des années 1950 attribuée à André Malraux:[1] « Le XXIe siècle sera religieux (ou spirituel) ou ne sera pas » .

En 1955 il dit ceci : « Depuis cinquante ans la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux. »

Nous voilà ici face à cette qualité d’étonnement nécessaire et dont ce livre fait preuve entre psychanalyse, cinéma et politique. » 

Jean Jacques MOSCOVITZ,  Docteur en médecine, de formation psychiatrique (ancien  interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine promotion 1965, thèse en 1968 Faculté de Marseille sur ‘Psychopathologie des Roulants de la SNCF’), formé comme psychanalyste à la Société psychanalytique de Paris, puis membre de l’ex-Ecole freudienne de Paris, il est à ce jour membre d’Espace Analytique et membre fondateur de Psychanalyse Actuelle (1986).-membre d’honneur de la Fédépsy Strasbourg.

Il tient régulièrement un séminaire de psychanalyse depuis 1980, actuellement sur « Clinique freudienne et approche de la culture » à la lumière de l’œuvre de Freud et de l’enseignement de Lacan, pour questionner, à partir de la pratique analytique,  le lien de l’intime au politique. Il organise depuis quatre ans des projections publiques de films avec débat dont bon nombre portent sur la rupture de l’Histoire dans l’Europe nazifiée.

Ouvrages publiés

-” Une psychanalyse pourquoi faire?” éd. Grancher 1988 (3e réédition en septembre 2006)

-”D’où viennent les parents ? Psychanalyse depuis la Shoah?” 2é édition L’Harmattan collection  Penta, septembre 2007 TEXTE MODIFIE de la 1ere ed. 1991 chez Armand-Colin

-” Hypothèse Amour” (entre intime et politique) Calman-Lévy éd. 2001

- “Lettre d’un psychanalyste à Steven Spielberg ou comment dé-pervertir le futur ?” Bayard Presse 2004

- «  ‘’Psychanalyse’’ d’un président »  (il s’agit de Nicolas Sarkozy, défenseur entre autres et inventif pour la paix au Moyen Orient  ) mai 2008 éd.de l’Archipel .

- 1990 « Shoah, le film , des psychanalystes écrivent » Ed Grancher 1991 (épuisé).

Nos discutants pour cette soirée seront :

Bernard TOBOUL, psychanalyste, membre d’Espace analytique, a participé à l’ouvrage collectif Le langage ,l’inconscient ,le réel à partir du colloque de Cerisy sur le livre de Colette Soler sur l’inconscient réel, a notamment écrit quelques articles dans « Figures de

la psychanalyse », autour du thème de lalangue. Nom membre des Forums du Champ Lacanien.

Ophir LEVY est chargé d’enseignement en histoire et esthétique du cinéma à l’université Paris III – Sorbonne Nouvelle et formateur au Mémorial de la Shoah (Paris). Ses recherches actuelles (post-doctorat Labex CAP/École nationale des chartes) portent sur la migration d’images d’archives liées à la déportation dans le cinéma de fiction des années 1960-70. Sa thèse, intitulée Les Images clandestines (sous la direction de Sylvie Lindeperg, Paris I – Panthéon Sorbonne), a reçu le « Prix de la Recherche 2014 » décerné par l’Inathèque et sera publiée début 2016 aux éditions Hermann.

Détails

Date :
janvier 19, 2016
Heure:
21:00 - 23:00

Organisateur

Diana Kamienny Boczkowski
Courriel :

Lieu

Maison de l’Amérique latine
217 Bd. Saint-Germain, Paris, 75007 France
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