L’acte psychanalytique aujourd’hui, après Lacan- 14 octobre 2026 21H
Chers ami/es et Collègues,
Nous reprenons cette année notre réflexion autour d’une question qui traverse la psychanalyse depuis Freud : que se passe-t-il lorsque la parole ne suffit plus ? Où se situe la limite du recours au signifiant, là où quelque chose du sujet résiste à être dit, traduit ou représenté ?
Dès les débuts de son œuvre, Freud rencontre cette limite sous différentes formes. L’ombilic du rêve indique déjà un point où l’interprétation bute sur un reste irréductible. Cette question se prolonge avec la répétition, la pulsion, le masochisme, et plus largement avec tout ce qui, dans l’expérience analytique, ne se laisse pas entièrement reconduire au registre du sens, l’auteur rretrouve un concept, au départ neurologique, qui est celui de l’asymbolie dont il fait une clé.
Le symptôme, conçu comme formation métaphorique et substitutive, ne suffit alors peut-être plus à couvrir l’ensemble du champ que la clinique donne à voir. L’acte de l’analyste, dans ses différentes figures, vient mettre cette limite à l’épreuve : il engage le corps, la répétition, le passage hors de la parole, mais aussi ce qui, dans le sujet, se trouve au bord du symbolisable.
C’est à partir de cette question que nous ouvrirons cette année notre parcours avec un ouvrage qui est aussi le témoignage d’un parcours singulier, celui de son auteur, Jacques Nassif. À travers son approche du transfert, Nassif interroge le rapport, à la fois mythique et clinique, du sujet à l’Autre. Il introduit plusieurs propositions qui déplacent les coordonnées habituelles de la psychanalyse : une “trahison” à l’origine du rapport du sujet à l’Autre, une amitié fictive entre l’analyste et le patient, à dénoncer, puis la possibilité d’une véritable amitié qui pourra se nouer si se dissout le transfert, le surgissement d’une autre forme d’amour venant peut-être résoudre ou dénouer cette trahison originaire.
L’ouvrage se situe ainsi dans un espace difficile à circonscrire. Récit de cas, autofiction, élaboration théorique ou récit d’une expérience analytique, il emprunte à la psychanalyse certains de ses concepts classiques tout en proposant au lecteur des notions plus singulières, que nous aurons précisément à interroger et à mettre au travail. Il cite également Deligny dont il met à profit certains concepts.
Un autre axe majeur de ce texte, est celui de la traduction, celui de la retranscription qu’opère l’analyste quand il écoute, pour la donner à lire, faisant ainsi écho à la tentative freudienne d’une retransmission. Le parcours proposé par Nassif est orienté enfin par la question de la fin de l’analyse, tout en n’esquivant pas le problème du rapport au maître dans les institutions analytiques. Mais c’est surtout la rencontre, au terme du transfert, avec une forme d’amour qui retiendra notre attention. Cette proposition entre en résonance avec d’autres conceptions de l’amour et de la fin de l’analyse, que nous aurons l’occasion de mettre en perspective au cours de cette soirée.
Jacques Nassif est psychanalyste. A publié de nombreux livres dont certains sur la traduction en psychanalyse
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Myrian Benmansur est psychanalyste et docteur en philosophie.
Nora Markman est psychanalyste et psychologue clinicienne
Diana Kamienny est psychanalyste et psychiatre

