René Lew À partir du livre d’Enrique Tenenbaum Poesía y psicoanálisis Une théorie de lalangue dans et hors la psychanalyse

 

 Une topo-logique se lie en psychanalyse à la poétique inhérente à « lalangue », ce concept de Lacan qui, à mon avis, organise de concert le rythme, le sens et la politique du sujet. Le livre d’Enrique Tenenbaum est un des premiers à jeter les bases d’un renouveau poétique de la psychanalyse, qui n’en oublierait cependant pas son fondement de logique. C’est d’un autre déterminant de l’imaginaire qu’il est question, autre que la spécularité et liant le réel et le symbolique de l’affect en un mode de cotation qui ne donne pas la part belle à la valeur, quel que soit le registre de celle-ci. C’est donc à une révision dans la pratique psychanalytique des liens de la syntaxe et de la sémantique qu’appelle Enrique Tenenbaum, exactement comme l’enfantement du sujet depuis l’hypothèse de l’Autre renouvelle l’aliénation de chacun dans une ouverture à ce que Lacan nomme « sé-paration ».

intervention de René Lew comme discutant- Texte envoyé par l’auteur
POESIE ET PSYCHANALYSE   C’est un petit livre, mais qui est grand par sa culture.1 C’est en fait une somme sur la langue. La langue, comme tu en joues, Enrique, à la suite de Lacan, se situe entre la langue commune et le concept de « lalangue » (en un seul mot). 1. Politique du vide À cet égard m’arrête une citation (p.70) que tu utilises pour parler de « complicité [de lalangue] avec le vide », tirée d’un texte en version digitale de Maria Negroni, Esta música que se me bifurca, 2009. Il est sûr que lalangue est une complicité avec le vide, car, pour le dire en lacanien, elle permet de passer d’une impossibilité réelle, qu’on pourrait appeler un trou réel, à un trou symbolique, c’est-à-dire un trou qui est donné dans le langage de façon à permettre des variations, pas seulement dans le discours mais surtout dans l’énonciation, en autorisant des décalages de proche en proche. On peut dire que le schéma que tu fais, du moins tel que je le lis, implique que la poésie, l’interprétation analytique (ou plutôt le discours de l’analysant plus que l’interprétation, mais je considère aussi que le discours de l’analysant participe de l’interprétation), le délire, et sûrement que j’en oublie, sont de la même veine structurale (pour le dire avec Lacan) et peut-être du même schématisme référé à la langue. Je dis à la langue et pas au langage. Donc il s’agit effectivement d’une structure de la langue telle qu’elle vaut comme réel en même temps qu’il y a une logique du langage différente du langage lui-même. C’est en quoi je considère que Lacan a amené quelque chose de neuf avec ce néologisme de lalangue en un seul mot. Et donc lalangue est un effet de logique qui permet de reporter sur le discours, comme trait d’esprit, ce qui est impossible d’un quelconque rapport à un objet, y compris un objet 1 Commentaire du livre d’Enrique Tenenbaum, Poesía y psicoanálisis, exposé le 13 juin 2017, à Paris, dans le cadre de Psychanalyse et transferts culturels, Cycle de conférences organisé par Diana Kamienny, Maison de l’Amérique Latine. lalangue parole langue discours langage 2 inconscient, qu’il s’agisse d’un objet d’amour, d’un objet de meurtre (ou d’un autre encore…) dans les exemples freudiens. Donc ce qui vaut dans le chiste comme on dit à Buenos Aires, dans le Witz freudien, c’est que l’action impossible dans le réel est répercutée sur la langue, ce qui donne le jeu de mots (le trait d’esprit plutôt que le jeu de mots : le mot fait trait, fait lien entre les locuteurs) qui va constamment se présenter dans la poésie, à mon avis, à la fois comme une énonciation et une « d’énonciation »2 et par là une dénonciation. Mais ce trait d’esprit va apparaître aussi dans la particularité du discours poétique de l’analysant, dans sa spécificité pour ce qu’il en est de sa particularité de discours qui fasse qu’objectivement on ne se retrouvera pas dans ce discours de la même manière que dans celui de quelqu’un d’autre : la langue et lalangue de tel analysant lui seront toujours particulières, et particulières à produire du neuf ― poétiquement et « chistement ». C’est que l’analyste vient là en tiers dans le lien de l’analysant avec « son » objet et c’est cette tiercéité qui permet le passage à un discours et, au fond, une langue renouvelés. Le discours de l’analysant ne saurait être une leçon apprise. Même si certains commencent peut-être leur analyse de cette façon, en définitive, au bout de quelque temps, ils en viennent à l’élaboration, à la réélaboration de leur propre langue. Ce que l’analyse fait ressortir de cette façon est qu’on n’a pas appris une langue maternelle ― c’est ainsi que je lis Jakobson en accord avec lui ―, c’est une langue qu’on construit en prenant à son compte ce qu’on peut défaire de ce qu’on trouve autour de soi, pour le reconstruire à sa propre façon. Donc, ce qu’on appelle « langue maternelle », est pour moi la langue propre de quelqu’un. Mais défaire et refaire constituent aussi le travail analytique. C’est-à-dire que, chemin faisant, se reconstitue aussi l’histoire de l’analysant : l’analysant remodèle son histoire en parlant. Il constitue son histoire autrement qu’on pourrait en juger objectivement, du moins s’il y avait moyen de le faire. Dans ce mouvement de réélaboration, m’importe donc le flirt avec le vide. Il se retrouve dans l’ensemble des considérations philologiques, disons, que tu effectues, par exemple à propos de « trouer » dans son lien à « trouver » ; c’est là aussi quelque chose qui m’a arrêté, parce que moi, en bon francophone, je n’ai jamais rapporté « trouver » à « trou ». Mais pourquoi pas ? C’est constamment en anglais, en allemand, en espagnol que je me fais mes propres jeux de mots qui, sont rendus possibles, je dirais, pour ce qui me concerne, par une certaine méconnaissance que j’ai de ces langues. Mais il est vrai que « trouver » a à voir avec le trobar, et 2 R.L., D’énonciation, séminaire 1998 – 1999. 1 sujet 3 Autre R S 2 objet 3 que du coup les troubadours le « trouvèrent », si je puis dire, et que ça a à voir aussi avec le trop. La poésie se trouve là derrière tout de suite. Pas uniquement comme jeu sur les mots, mais aussi sur les notions, pour ne pas dire : sur les concepts. C’est un jeu sur la rhétorique. Sur le trobar, le meilleur livre que j’ai lu, mais il y en a sûrement d’autres qui sont très bons, est quand même celui de Jacques Roubaud, La fleur inverse (Verdier), qui commence par le défi que se lancent deux troubadours, non pas vis-à-vis d’une dame en l’occurrence, mais vis-à-vis du rien. Peut-on parler du rien ? Il y a dans cette veine plusieurs pièces poétiques où il est ainsi question du rien. Que Roubaud mette ça au début de son livre, donne bien l’indication de ce qui est en jeu dans la poésie et dans l’ensemble de ce qui s’organise autour. Pour ma part je préfère considérer qu’il y a là en jeu une fonction de vide plutôt qu’un rien objectivé. L’ensemble de ces fonctions de vide se retrouve dans l’économie subjective du chant comme dans l’organisation structurale du discours avec son contenu, mais ce contenu est souligné aussi par la rime et, avec elle, la musique. C’est un ensemble effectivement structurel. Cela donnerait une topologie, mais Roubaud, quant à lui, réfère à l’intuitionnisme, et plus précisément à la logique de Heyting. C’est dire qu’avec lalangue poétique, la logique du discours n’est pas omise (et pour le rappeler : il n’y a pas d’univers du discours3). Par rapport à ce que tu viens de dire, j’ajouterai, car je ne suis pas sûr de l’avoir lu dans ton livre, qu’il y a sûrement une poésie de Lacan. En effet, il ne m’est pas évident que Lacan parle exactement français, il parle Lacan. Pas tant quand il parle d’ailleurs, mais il écrit Lacan. Quand il parle dans ses séminaires, c’est beaucoup plus accessible. Il est vrai que tu as mis en avant une politique du traduire et pas seulement du Lacan au lacanien et du Lacan au français, mais l’on a à traduire de l’énonciation dans des énoncés. Et c’est assurément un piège, car un plein vient là combler un vide. Il n’empêche que revenir des énoncés à l’énonciation, me semble être tout à fait essentiel. Car ce qui s’entend avant tout ― quelles que soient les erreurs d’énoncé, lapsus ou maldonne de la langue, ou autres encore ―, c’est l’énonciation. Un interlocuteur rétablit illico presto l’énonciation, malgré le lapsus qui peut la contredire. C’est le vide inhérent à l’échange définissant la parole qui permet à l’énonciation de fonctionner, malgré les erreurs et les mauvaises traductions de « qu’on dise » en « ce qui se dit dans ce qui s’entend ». Dans le meilleur des cas, la fonction prime en effet l’objet. Même si personnellement je défends l’idée que tous les analystes quelles que soient leurs conceptions, nous ayons tous Freud en commun, et que pouvoir se parler, c’est se référer à Freud et assurément en allemand, et sans snobisme à ce propos, cela n’empêche pas qu’il y a des orientations de traduction tout à fait différentes. Revenir à ce que pourrait être l’énonciation de Freud, ce n’est pas faire saillir ce que Freud aurait vraiment dit ou quelque chose comme ça. C’est essayer de comprendre comment son texte est structuré. Ça ne peut se lire qu’entre les lignes. Je pense que cet entre-les-lignes se présente aussi en poésie. Ainsi je considère que les choix de traduction de Laplanche et consorts vont plus dans le sens de l’imaginaire que du symbolique où va ma préférence. On est toujours pris par ce qu’on peut ou veut entendre et la musicalité, comme le type de signifiant qui est produit et la plupart du temps à neuf, dans une créativité constante, ne sont pas toujours accessibles. C’est ce qui nous amène peut-être à reconsidérer l’énonciation. C’est 3 Lacan reprend cette assertion de Paul J. Halmos, Théorie naïve des ensembles, trad. fse Gauthier-Villars. Lacan se réfère au texte anglais ― sans le dire ― mais cela transparaît directement dans son propos (séminaire La logique du fantasme). 4 dire qu’on recrée toujours de l’énonciation. Ce n’est pas exactement l’énonciation de Freud, c’est celle qu’on va lui imputer4. Quand on lit de la poésie, il s’agit de la même chose. Ce qui est en jeu est la façon de comprendre quelque chose et (pourquoi pas ?) si possible au-delà de ce qui est écrit noir sur blanc. Comprendre, c’est aussi se laisser porter, et donc ne pas toujours strictement comprendre. C’est alors intuitif. Ainsi Lacan faisait le choix de ne pas être immédiatement compréhensible, afin d’être commenté, et que son auditeur/lecteur y mette du sien ― au même titre, disait-il, que l’analysant est tenu de mettre du sien dans la cure pour avancer. Quant à Lacan, cela correspond à dépasser ses intuitions dans la réélaboration de son énonciation. Revenir à l’énonciation, c’est donc assurément flirter avec le vide, parce que l’énonciation ne s’entend pas, elle échappe dans ce qu’elle produit d’énoncé. Et l’énoncé poétique aura l’intérêt de sa particularité, de son inventivité de telle façon que cet échappement transparaisse. C’est bien là la difficulté que certains, qui sont habitués à ne lire que de la prose, éprouvent à pouvoir lire de la poésie : ils se méprennent en méconnaissant cet échappement productif, en ne voulant rien en saisir. * 2. La langue meurt si on ne la réinvente pas Je parle de créativité, parce que je suis d’accord avec Lacan quand il dit que le signifiant est créationniste. On revient ainsi au vide, car Lacan ajoute : créationniste ex nihilo. On ne part pas de quelque chose de déjà donné pour arriver ailleurs. On crée quelque chose afin d’en dépendre d’une façon rétrogrédiente, par un mouvement de rétroaction en fait anticipatoire sur son antécédent. Je préfère même dire : par un mouvement de récursivité. Il y a toujours un hypothétique renouvelé qui va apparaître comme proprement initial, en particulier dans la poésie. Dans le travail qu’on peut effectuer sur celui de Lacan, que je prends aussi comme le paradigme de la psychanalyse, ce qui sera renouvelé est quelque chose qui ne sera pas renouvelé à l’identique au sens de répété, mais véritablement renouvelé à neuf. C’est tout à fait redondant de le dire ainsi, mais c’est qu’il y a un produit. On aboutit à une production importante dans une cure analytique, quand elle est menée à un certain terme ou, plus exactement, un terme certain. Une poésie ou plutôt un poème qui tient le coup, comme une peinture qui tient le coup, une musique qui tient le coup (qu’est-ce que c’est que tenir le coup ?, c’est une question de fond)5 est comparable à une analyse qui aura produit un aboutissement de bonne tenue. C’est à reprendre dans des termes pour lesquels tu n’insistes pas assez, à mon sens, sur cette différence entre ce qui serait le 2 et le 2+1 de la cure. 2 de l’interlocution analysant-analyste, mais cet 1+1 met justement en relation analysant et analyste dans ce qu’est la circulation de la 4 Selon ce que Barbara Cassin va noter comme « auto-proclamation » des traducteurs-commentateurs dans son édition du Poème de Parménide. 5 Colloque Psychanalyse et réforme de l’entendement II, Tenir discours, Lysimaque et Collège International de Philosophie, 1997. 5 parole comme Un en plus, soit 2 + Un6. Cela ouvre au 3+1 de la passe, telle que Lacan a pu la suggérer aux analystes post-freudiens et post-lacaniens peut-être. Sûrement que d’arriver au bout d’une analyse, c’est faire jouer un forçage comme dans la poésie et ce forçage ne peut s’entendre que dans la passe, c’est-à-dire dans un système de tierce personne, où le vide va trouver son compte mais pas l’obscénité à laquelle Freud se réfère pour aborder cette question, et que Lacan tend à éliminer en donnant la primauté à la formalisation du dispositif.7 Puisque Freud va parler du vide en le cadrant dans son texte par un schéma simple d’obscénité, il y a bien un forçage pour échapper à l’obscénité, y compris à l’obscénité de la psychanalyse, et arriver à une structure du langage qui soit une structure renouvelée. Pour moi, cela signifie remettre en circulation le signifiant qui aura été traduit en objet. Car l’objet a est un objet qui encombre le sujet, même si Lacan dit qu’il chute au bout du compte. On est différencié de son boulet, mais on se trimbale ce boulet. Pour l’alléger, pour s’en délester il faut donc remettre l’objet a en circulation comme signifiant et sous cet angle il y a une poétique de la passe. Je dis « une poétique » pour ne pas dire « de la poésie », puisque tu fais toi-même la différence, suite aux critiques que Meschonnic porte à Heidegger. Parler de poème, c’est quelque chose, parler de poésie en général, c’est autre chose. Aussi je suis prudent, je dis une poétique, mais pour signifier qu’on peut sûrement parler d’effets de langue qui rendent compte d’un repositionnement subjectif avec toute une restructuration historique du sujet et que la poésie y conduit, tout comme la psychanalyse, à condition de se départir de telles généralités au profit d’un poème particulier ou d’une psychanalyse particulière. Sous cet angle, je suis prêt à soutenir qu’il y a une poétique des mathématiques. Même si je lis des mathématiques ― et cela m’est difficile en français comme en anglais (car la plupart du temps, c’est de l’anglais) ―, je vois bien qu’il y a des auteurs dans le discours desquels je ne peux pas m’introduire et d’autres que je peux lire. Je ne suis donc pas branché sur n’importe quoi, quoi que je cherche. Mais peut-être qu’on cherche tout autant dans la poésie quelque chose de relativement déterminé qui amène à ne pas pouvoir lire n’importe quoi n’importe comment. Ces choses sont à discuter et ce n’est là qu’un premier abord. En prenant des notes au fur et à mesure de la lecture du livre, je suis amené à faire un texte critique complet que je transmettrai aussi à Diana. Pour l’heure c’est là un premier abord pour engager une discussion. * 3. L’acte poétique Je vais reprendre les choses un peu autrement pour souligner que ton livre (sûrement pas le premier, mais un des premiers, me semble-t-il) est pour moi une somme lisible, qui permet d’aborder la psychanalyse ― et même si Lacan a fait référence au poème ― autrement que par la logique et la topologie, autrement que par la structure. Plutôt que par une théorie de la structure à quoi peut correspondre la logique, on peut aborder la structure par sa mise en acte dans le poème. Il s’agit même d’une réinvention de la structure dans le poème. Un abord 6 Voir Lacan, à propos du Temps logique, dans Encore, texte établi, Seuil, p. . 7 Ce risque de l’obscénité grève cependant constamment les passes, quelle que soit l’attention portée au dispositif. 6 pas seulement poétique mais littéraire en général de la psychanalyse demande à être reconsidéré. Il y va de la responsabilité des analystes, sans laisser pour autant tomber la logique, de réorienter la psychanalyse pour qu’on n’en oublie pas « qu’on dise ». C’est-à-dire avec le poème, sûrement, l’énonciation et la littérature tout compris. Je voudrais faire une suggestion, en écoutant Ilda Rodriguez, car nous discutons. Il y a une différence à faire, je le dis pour moi, entre la langue commune et la langue maternelle comme je l’ai donnée, c’est-à-dire la langue singulière de quelqu’un. Dire qu’une langue, pour qu’elle se transmette en tant que langue commune, doit être réinventée en tant que référée à la singularité, réinventée singulièrement, me rappelle que Lacan à la fin du « Temps logique… », avance dans sa note terminale que « le collectif n’est rien que le sujet de l’individuel ». Peut-être que la langue commune pourrait être donnée comme le fait qu’elle n’est rien que le sujet de cet individuel, qui n’est que lalangue, comme j’ai tendu précédemment à la définir quelque peu brièvement. Auquel cas, le poème s’aborde aussi en termes de temps logique. On n’est pas seul, et personne ne parvient à se soutenir sinon par les autres. Et, inversement, personne ne vaut par les autres sinon depuis sa singularité. On se doit de tenir les deux bouts à la fois ou, plus exactement, les deux orientations. C’est quelque chose de cet ordre somme toute récursif qui est indiqué dans un savoir qui tienne parce que textuel. C’est ce que disait Ilda quand elle a parlé du su-jet. Parce que chaque fois que j’ai lu cette façon de parler du sujet, j’ai souligné le -jet, pas le su- . On aborde différemment les mêmes mots, c’est vrai et cela souligne la manière toujours singulière d’appréhender une énonciation ― y compris à passer du sub-jectum au su. Une question se pose dès lors ici : Comment le poème tient debout ou tient la route ? Est-ce qu’un poème tient (debout ou non) s’il est traduisible ? À quoi l’on peut répondre que si le discours de l’analysant n’est pas traductible8 dans un langage quelconque, théorique ou autre, et souvent préétabli, c’est qu’à mon avis il s’agit de signifiant. On n’a pas beaucoup parlé de signifiant ce soir. Les signifiants ne sont pas accessibles. Dès qu’ils sont émis, ils s’évanouissent. Et qu’est-ce qu’il nous reste ? Quelque chose de vocal, ou même un effet de sens, voire simplement du signe. Par contre le signifiant lui-même disparaît aussitôt qu’il est émis au profit d’un autre, etc., il n’y aura donc pas de traduction du signifiant.9 Il y a quelque chose qui est là à discuter. Qu’est-ce qu’on traduit exactement ? Derrière le terme de « traduire », il ne s’agit pas que de phrases. En quoi le signifiant intervient dans la traduction ? C’est la question, pas forcément préalable, mais qui arrive chemin faisant et que je reprendrai dans un commentaire plus pointilleux du livre d’Enrique Tenenbaum. 8 Ce terme infléchit « traduisible » (passant d’une langue à une autre) pour spécifier cette fois la possibilité de passer de la langue à lalangue, et inversement. 9 Mais le signifiant est traductible en un autre signifiant aussi évanescent, mais pourtant réel.

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